Santé Société

1er DECEMBRE, JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA, OU EN SOMMES NOUS AU TOGO DANS CE CONTEXTE DE COVID-19 ?

L’année 2020, année exceptionnelle avec la pandémie de la COVID-19, une infection virale qui a entrainé beaucoup de changements dans les pratiques médicales au niveau des structures sanitaires mais aussi dans les conduites individuelles et collectives avec les mesures barrières et les décisions politiques de confinement obligatoire de certaines villes voir de tout un pays. Le confinement a eu des conséquences sur la prise en charge de certains malades surtout ceux porteurs de maladies chroniques comme l’infection au virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et surtout à sa phase compliquée du Syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA) du fait des déplacements de certaines personnes hors de leur zones d’habitation et du fait que certaines personnes (sous-informées) ont eu peur de se rendre dans d’autres centres de prise en charge à cause de la stigmatisation et de la discrimination dont fait l’objet de patient vivant avec le VIH (PVVIH).

La journée mondiale du SIDA célébrée chaque 1er Décembre dans tous les pays, marque le début de la semaine des activités de sensibilisation sur l’infection à VIH selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Placée cette année au Togo sous le thème: Solidarité Internationale et responsabilité partagée: la lutte contre le VIH dans le contexte de la pandémie de la COVID – 19 cette journée doit nous rappeler tout le parcours que le PVVIH traverse au risque d’ajouter une autre infection (la COVID-19) qui à nos jours n’a pas encore de remède curable.

La prévalence du VIH au TOGO a chuté de 4% en 2000 à 2,3% en 2018. Ceci est un progrès remarquable déployé par les différents acteurs intervenants dans la lutte contre le SIDA, l’objectif étant «  l’élimination du VIH comme problème de santé publique d’ici 2030 » selon l’ONUSIDA au TOGO. Grâce aux partenaires internationaux et au Plan Stratégique de Lutte contre le VIH/SIDA 2016-2020 mis en place au Togo, plusieurs actions sont menées au Togo en vue d’atteindre la cible des trois 90 (90-90-90) de l’ONUSIDA à savoir :

  • 90% de personnes séropositives pour le VIH connaissent leur statut sérologique (renforcement du dépistage au sein de la population par des campagnes de sensibilisation et le dépistage ciblé des personnes à risque et des cas contacts) ;
  • 90% des personnes diagnostiquées séropositives pour le VIH reçoivent un traitement antirétroviral (mise sous traitement antirétroviral dès l’annonce du résultat positif au VIH : c’est le « test and start ») ;
  • 90% des personnes sous traitement voient leur charge virale devenir indétectable (efficacité du traitement).

Aujourd’hui, le Togo a fait de grands efforts en mettant à la disposition de toute la population les tests rapides de dépistage du VIH et ceci gratuitement dans tous les centres publiques de soins. De même, l’accès aux soins du PVVIH est facilité par la gratuité du traitement antirétroviral et la réalisation de la charge virale est également gratuite. Mais avec la pandémie de la COVID-19, l’ONUSIDA s’inquiète de la non-réalisation des objectifs et de la menace que la crise de COVID-19 fait peser sur la prise en charge des PVVIH. De ce fait, force est de constater que certaines personnes n’ont pas pu avoir accès aux soins au début de la pandémie à la  COVID- 19 et il a fallu réévaluer les moyens pour atteindre les trois 90 surtout en ce qui concerne le dépistage et l’accès au traitement. Les mesures barrières imposées aux uns et aux autres, la crainte de certaines personnes de se faire contaminer par le coronavirus en visitant les hôpitaux et l’impact psychologique du confinement avec la COVID-19 chez les PVVIH, ont amené les différents acteurs à développer de nouvelles stratégies à savoir :

  • Proposer le dépistage en communauté
  • Proposer la dispensation des médicaments en communauté ou à domicile pour éviter la rupture du traitement (une bonne observance est gage d’une efficacité du traitement)
  • Proposer des messages de sensibilisation via les réseaux sociaux (WhatsApp et autres)
  • Disposer d’une prise en charge individualisée des cas
  • Apporter un soutien psychosocial à ceux qui en ont besoin…

La COVID-19 a véritablement perturbé la prise en charge des PVVIH surtout en matière de dépistage, de prévention et d’accès au traitement antirétroviral. Mais grâce aux nouvelles stratégies mise en place par les différents acteurs, nous espérons réduire cet impact  et être proche de l’atteinte des objectifs d’ici fin 2030. 

Dr Laconi KAAGA

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