Société

C’est décidé, je me lance en politique ! – anliya.net

2019 marquera une année spéciale pour la promotion du genre au Togo.

En effet, au cours de cette année, des élections locales ont été organisées ou la plupart des parties politiques se sont lancées dans la course pour les postes de Conseiller municipaux.

Le gouvernement a voulu par ce canal, montrer sa volonté de promouvoir le genre. Ainsi les femmes ont été sensibilisées, appuyées pour postuler en tant que candidates à ces élections.

Cela avait-il été une réalité ? Quels obstacles ces femmes ont dû parcourir pour se présenter comme candidates ?

Dans notre précédent article, il nous souvient que « Malgré les acquis dans les domaines législatif, économique et social et les nombreux efforts investis ces deux dernières décennies, les femmes dans notre pays, à l’instar de leurs sœurs africaines, se heurtent à une multitude d’obstacles sur la voie de l’autonomie et de l’égalité ».

Ce processus a été vraiment un booster pour motiver bon nombre de femmes à se lancer en politique. Malheureusement, la majorité d’entre elles n’ont pas franchi la 1re étape, celle de recueillir un nombre de personnes sur leur liste.

Il faut aussi noter les stratégies d’intimidations de certains hommes pour décourager les femmes à se présenter. « Cette mairie, c’est moi qui l’ai reconstruite, je n’ai pas un salaire mais j’ai fait construire les routes, les marches, etc. je ne sais pas qui peut me remplacer à ce poste. »

Notons que de 2013 à 2018, seulement 15,38% des femmes étaient représentées au parlement togolais et 5 sur 24 sont aux postes de Ministres (2016-2019), soit 20,83%. En moyenne on compte 17,11% de femmes aux postes de décisions (gouvernement, Assemblée nationale, Cours institutionnelle, HAAC, CNDH, CENI, Préfets) en 2019 au Togo [1]

Ces chiffres nous interpellent en tant que femmes pour que nous soyons audacieuses, opiniâtres et que nous développions nos capacités à être aptes à nous présenter à toute élection nous permettant de participer aux prises de décisions concernant les affaires de l’Etat, de notre communauté.

La représentation des femmes au sein de ces instances peut pourtant faire la différence. Une étude sur les panchayats(conseils locaux) en Inde a révélé que les conseils dirigés par des femmes géraient 62 % de projets portant sur l’eau potable en plus que les conseils dirigés par des hommes. En Norvège, un lien direct de cause à effet a été démontré entre la présence de femmes dans les conseils municipaux et le taux de couverture en matière de garde d’enfants [2]

Dans un monde toujours marqué par une culture masculine dominatrice, comme l’a décrit le Secrétaire général, M. António Guterres, parler de l’égalité des sexes est fondamentalement une question de pouvoir.

Pourtant l’absence ou la sous-représentation des femmes dans la vie politique a un impact direct sur la reconnaissance de leurs droits dans les sociétés, a confirmé la Présidente de l’Estonie, Mme Kersti Kaljulaid, pour laquelle il ne fait pas de doute qu’à partir du moment où les femmes intègrent un gouvernement, les lois changent et la législation sociale avance.[3]

Par Dibassiwena


[1] Academie des femmes politiciennes, Pro CEMA Mai 2019.

[2] R. Chattopadhyay et E. Duflo, 2004. « Women as Policy Makers: Evidence from a Randomized Policy Experiment in India », Econometrica 72 (5), p. 1409-1443; K. A. Bratton et L. P. Ray, 2002, « Descriptive Representation: Policy Outcomes and Municipal Day-Care Coverage in Norway ». American Journal of Political Science, 46(2), p. 428-437.

[3] Soixante-treizième session, Manifestation de haut niveau, 12 Mars 2019,  Message des « femmes au pouvoir » à l’Assemblée générale: « on ne doit jamais consentir à ramper quand on sent le besoin de s’élever »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code