Société

Femme : A la maison comme au travail – anliya.net

Il est difficile de dissocier la situation des femmes travailleuse de la situation de la société en général. On ne peut comprendre l’activité professionnelle des femmes sans la mise en lien avec le travail domestique et ses responsabilités au sein de la famille. (Recherches en thèse et doctorats sur le thème « femmes et travail » soutenues au niveau des universités d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Tlemcen).

En effet, notre société est caractérisée par une structure patriarcale fondée sur une relation sociale de pouvoir des hommes sur les femmes.

Les valeurs traditionnelles accordent des privilèges aux hommes qui se traduisent par une relation de subordination des femmes.

L’homme incarne ainsi l’autorité au sein du ménage. Il instaure les règles, assure le contrôle et la gestion des biens et en planifie l’utilisation.

Le rôle attribué à la femme est essentiellement domestique avec une valeur inférieure à celle de l’homme.

La femme est valorisée dans la société seulement par le mariage, la fécondité et sa soumission à la volonté du mari.

Parfois, il revient à la femme, le rôle de soutenir l’homme dans sa mission sociale au niveau du foyer, en prenant en charge tout ce qui concourt à l’accomplissement de cette mission y compris l’exécution de ces décisions. Il en est de même lorsque l’homme est absent ou maladie, elle devra donc se substituer à lui dans la réalisation pratique de ses prérogatives sans pour autant bénéficier de la reconnaissance sociale et des privilèges qui en découleraient.

Le droit des femmes au travail progresse, mais les obstacles demeurent nombreux. A l’échelle mondiale, les femmes ne se voient accorder que trois quarts des droits reconnus aux hommes. Ce qui les empêche d’accéder à l’emploi ou de créer une entreprise et de prendre les décisions économiques les plus adaptées pour elles et leurs famille [1]

D’une manière générale, du fait de leur statut, de l’environnement socioculturel et des mécanismes de développement mis en place, les femmes rencontrent des difficultés, qui non seulement limitent leurs activités et freinent leur promotion, mais aussi accélèrent leur marginalisation et leur paupérisation dans le contexte économique actuel.

De ce fait la femme malgré toutes ses fonctions professionnelles et ou politiques, a un rôle moins valorisant que celui de l’homme, cela est dû à des pesanteurs socioculturelles dont le seul but est de restreindre ses chances et limiter ses capacités à prendre des décisions et à participer à la gestion des affaires publiques et privées de la communauté avec les mêmes chances que les hommes.[2]

Cette situation tire sa source des normes et valeurs sociales qui sont accordées aux hommes et aux femmes dans nos sociétés. Il s’agit :

– Des valeurs et croyances culturelles favorables à la soumission de la femme à l’homme ;

– Du contrôle de la procréation par le système social qui se traduit par des pratiques et coutumes dont la seule finalité est de maintenir la femme dans sa fonction de reproduction

– De la socialisation qui répartit les rôles et les responsabilités au sein de la famille et dans la communauté selon le sexe.

Comment transformer les normes sociales en faveur de la participation et à l’épanouissement des femmes et renforcer leur résilience face aux différents risques encourus ?

« Si les femmes pouvaient, comme les hommes, exprimer tout leur potentiel, le monde serait à la fois plus équitable et plus prospère. Les progrès sont là, mais ils sont encore trop lents, car 2,7 milliards de femmes se heurtent toujours à des obstacles juridiques qui limitent leurs options par rapport aux hommes. Nous devons absolument démanteler les barrières qui empêchent les femmes d’aller de l’avant et ce nouveau rapport devrait nous permettre de prouver que les réformes sont possibles, et d’accélérer le changement. » Kristalina Georgieva, présidente par intérim du Groupe de la Banque mondiale

Auteur : Thérèse ADJAYI


[1] Communiqué de presse, Banque mondiale, février 2019.

[2] Genre comme outil d’analyse des rapports sociaux, Académie politique des femmes Leaders, PROCEMA Mai 2019

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