Autres Education Santé Société

« Je n’ai pas eu le Covid-19, mais je l’ai subi ! »

En tant que femme, nous faisons face à plusieurs défis dans notre quotidien.

Dans ce monde de la Covid- 19, les défis sont encore plus énormes pour nous ; en effet, outre les tralalas de chaque jour : assurer du bien-être de la famille, répondre aux besoins professionnels, s’occuper de soi- même, etc…, nous sommes appelées à redoubler de vigilance pour ne pas contracter le virus, pour que nos enfants ne le contracte pas et pour que notre conjoint ne le contracte pas.

Fin Mars 2020, l’Etat togolais décrétait l’état d’urgence sanitaire pour faire face à la pandémie du Covid-19 (je préfère utiliser le COVID- 19 plutôt que la COVID-19, pour éviter de féminiser une maladie qui nous a fait tant de mal). Fallait me voir : mise d’un dispositif de lavage de mains devant notre domicile (même si je trouve que ce dispositif était très petit), exigence de port de bavettes pour toute personne étrangère à la maison (les visites étaient presque interdites), interdiction aux enfants de nous faire des câlins dès notre retour du dehors. Mais je n’ai pas fait boire des décoctions et tisanes comme certaines connaissances l’ont fait.

Malgré toutes ces précautions, nous avons eu un cas dans notre maison ! En effet, je ne sais comment mais mon mari a été testé positif au COVID suite à des symptômes de paludisme et ce quelques jours après son retour de voyage. Eh oui ! Comme le disais d’aucuns, le virus ne voyage pas, ce sont les personnes qui le transportent dans leur déplacements. Mon mari faisait partie des personnes qui disaient que c’était une maladie des blancs.

Bien qu’il se protégeait (du moins, pour ce que je sais car je ne le suis pas dans ses déplacements), il continuait ses missions et organisait des réunions communautaires.

Il a donc été hospitalisé suite au test car son cas était grave, plus de contact avec la famille, même par téléphone c’était difficile de le joindre ; ce fut un calvaire pour lui car mon mari est une personne connectée en permanence à WhatsApp pour ses échanges avec ses groupes professionnels et familiaux.

Dix (10) Jours après, toute la famille a subi le même test et par la grâce divine, enfant comme adulte, personne n’a été positif au test. Mon mari a donc passé seul 15 jours au centre d’isolement loin des siens.

En tant qu’épouse, il fallait en plus des charges de la famille et du boulot, faire le déplacement du centre d’isolement pour s’enquérir de ses nouvelles, lui apporter le nécessaire, et prier chaque jour pour sa guérison (c’est important la prière !)

Je n’ai pas eu le Corona virus, mais j’ai vraiment été affectée par ce virus.

Ce récit, un un cri d’appel pour la valorisation des femmes pour leur travail, leur sacrifice au quotidien pour le développement de nos communautés, de nos sociétés !

« Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 » est le thème de la journée internationale des droits des femmes, 8 Mars édition 2021. Comme moi, il y a des milliers de femmes dans le monde qui doivent travailler dur, faire montre de Leadership pour assurer la survie et le bien- être de leurs familles, de leur entourage. Cette situation de pandémie, doit donc interpeller nos frères, nos maris, nos pères à travailler pour un monde égalitaire pour tous !

« Une femme qu’on aime est toute une famille» dixit le français Victor Hugo. Aujourd’hui plus que jamais, les décideurs doivent reconnaitre l’apport des femmes dans la gestion de cette pandémie et leur accorder plus de place pour des prises de décisions inclusives.

Aujourd’hui plus que jamais, chacun doit reconnaît que les femmes apportent des expériences, perspectives et compétences différentes qui fonctionnent et sont profitables à tous.

Thérèse Dibassiwena ADJAYI, Travailleur Social, Spécialiste Genre et Inclusion Sociale ; Vice- Présidente du Réseau Africain de la Réadaptation à Base Communautaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code