Société

LA POLYGAMIE ET SES CONSÉQUENCES

Pratiquée depuis les temps immémoriaux, la polygamie ou encore la polygynie se définit comme un régime social permettant qu’un homme soit marié avec plusieurs femmes en même temps.

Si d’une manière générale la polygamie est en nette régression depuis quelques décennies dans les sociétés africaines, elle reste néanmoins une pratique courante en Afrique de l’Ouest où elle est essentiellement reconnue par le droit coutumier et/ou les pratiques religieuses.

Ainsi, dans la majorité des pays ouest-africains le code civil contient des dispositions spécifiques qui entérinent et encadrent la pratique, en autorisant sous certaines conditions – notamment la capacité financière de subvenir aux besoins de plusieurs épouses et familles-un homme à épouser jusqu’à quatre femmes.

En pratique, une union polygame se limite dans la plupart des cas à deux femmes par famille. Le statut juridique de la femme mariée sous le régime de la polygamie légale contribue à la protéger et lui permettre d’accéder à certains droits.

Cependant, les mariages polygames sapent l’égalité des droits entre les deux sexes car l’homme règne en maître absolu et incontesté.

Traditionnellement répandue en milieu rural, la polygamie s’est également étendue aux milieux urbains et éduqués. 

En dépit d’un recul certain au profit de la monogamie, la polygamie subsiste dans certains groupes culturels principalement ceux de culture islamique et un grand nombre de sociétés rurales et tribales dans le monde entier.

En effet, la loi islamique autorise à prendre pour épouses légitimes jusqu’à quatre femmes sous réserve de donner à chaque co-épouse un traitement juste et équitable.
Dans les faits, être équitable implique que le mari doit accorder les mêmes droits à chacune de ses épouses : équité en temps passé auprès de chacune d’elle, équité financière, équité dans l’estime et l’amour. Aucune préférence même légère envers l’une d’entre elles ne peut être admise.
Il va sans dire qu’une telle condition dépasse la capacité voire la nature humaine, c’est pour cela que l’Islam a limité le nombre d’épouses à quatre.
Notons également qu’une femme ne peut être forcée à devenir une seconde épouse. La première femme qui n’accepte pas une situation de polygamie a le droit de demander le divorce.
Toutefois, dans certains pays musulmans (à leur tête la Tunisie), la polygamie a été interdite.
D’autres estiment que la restriction du nombre de femmes est contraire à l’Islam, se basant sur le fait que l’on ne peut interdire ce que Dieu a permis.

Polygamie et droits de l’Homme et de la femme

Il est évident que la polygamie n’a jamais été de pair avec le développement de la liberté de la femme.
Les hommes peuvent sourire en rêvant de polygynie, mais je ne crois pas que les femmes acceptent le cœur léger de faire partie d’un harem.

Aussi naturelle fut – elle pour les hommes pour les hommes de prendre plusieurs femmes, la polygamie reste néanmoins une épreuve très compliquée voire insupportable pour la femme même si cette dernière a été conditionnée depuis son bas âge à être secondée.
Au sein de la famille, elle semble inévitablement introduire un déséquilibre entre les coépouses.

S’il est incontestable que la polygamie induit souvent des relations de privilèges au sein du “harem”, avec un retentissement possible sur les enfants dont le statut est intimement lié à celui de leur mère, elle est à source d’un déséquilibre social assimilable à certains égards au comportement du mâle dominant.

En revanche, ce serait trop simpliste d’affirmer que cette pratique est source de malheur ; cependant elle reste associée dans l’imaginaire collectif  à un statut social dans lequel l’homme est omnipotent au détriment de la femme totalement dépouillée de sa dignité.

 Les plus insatisfaites sont les premières femmes et leurs enfants, qui s’estiment souvent délaissées à l’arrivée de la nouvelle co-épouse.

C’est généralement lié au fait que leurs droits à demander l’attention du mari régressent car ce dernier a désormais une autre famille.

Les conséquences de la polygamie                 

Les femmes n’acceptent la polygamie que par résignation, car partager son homme, ou ne pas avoir l’exclusivité de ses faveurs  devient un calvaire pour beaucoup d’entre elles, surtout lorsqu’elles doivent  vivre dans le même foyer avec ses coépouses.

 Cependant, certaines femmes acceptent à condition que chaque femme vive chez elle.

Ainsi, non seulement, elle n’aura pas à supporter la présence d’une ou des rivales sous le même toit mais également, et elle évite aussi les conflits.

Il est difficile pour la coépouse de ne pas sombrer dans le piège de la jalousie, rageuse et maladive. Une torture psychologique, qui est souvent à l’origine des disputes constatées dans beaucoup de ménages.

Une femme, une fois qu’elle a une rivale voit son monde complètement bouleversé et s’ensuit alors une compétition sans nom; les coépouses passent par tous les moyens pour capter l’attention de l’homme,  n’hésitant pas parfois à recourir à des pratiques occultes ou au meurtre.

L’amour d’un homme mérite-t-il que l’on se batte comme des chiffonnières, jusqu’au point de se défigurer ?

Déjà c’est d’une violence extrême de devoir partager son mari avec une autre femme, alors pourquoi ajouter à cette violence morale et psychologique, une violence physique aux conséquences souvent dramatiques ?  Que l’on soit « l’agressée» ou «l’agresseur», on y laisse toujours  des plumes.

Par ailleurs, on pourrait s’interroger sur l’intérêt réel de la polygamie pour la femme, car à bien analyser, c’est elle qui se trouve blessée dans cette configuration triangulaire.

Pourquoi courir le risque d’une tournure dramatique, de payer les pots cassés et de voir l’avenir de ses enfants compromis ?

Reine WALLA

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