Société Sociologie

Ma voix, l’égalité pour notre avenir!

En Octobre 2012, il me souvient le lancement de la journée  internationale de la fille au Togo par le Ministère en charge de l’action sociale avec l’appui de l’ONG Plan International. Je me rappelle car j’y étais présente et j’avais accouché de ma fille quelques mois plutôt.

En tant que activiste des droits des femmes, ce fut avec un réel plaisir que je me disais qu’au moins ma fille et d’autres filles auront des opportunités pour se faire entendre dans leur société car nous n’avions pas eu cette opportunité à notre époque. Un tonton, un ami des grands frères, ou tout autre adulte pouvait te faire des attouchements sans craindre d’être dénoncé ou puni.

En effet, Le 19 décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré dans la résolution 66/170 le 11 octobre Journée internationale de la fille, afin de reconnaître les droits des filles et les obstacles particuliers auxquels elles se heurtent de par le monde.

Cette journée met l’accent sur la nécessité de relever les défis auxquels sont confrontées les filles et de promouvoir l’autonomisation des filles et le respect de leurs droits humains.

En tant que femme, j’ai été fille et je peux vous affirmer que quel que soit le niveau social (riche ou pauvre), les filles  ne sont pas à l’abri des abus : les attouchements, les harcèlements, les paroles blessantes ou humiliantes, les viols, etc. sont des actes auxquels doivent faire face les filles. Elles doivent lutter pour s’échapper des mains des abuseurs qui sont le plus souvent des personnes de sexe masculin (et plus encore, des proches) plus  âgées qu’elles. Ces différents abus laissent des traces psychologiques et parfois physique dans la vie de la fille qui doit vivre avec durant toute sa vie si un appui n’est apporté. Ces conséquences négatives peuvent impacter sur sa vie relationnelle, qu’elle soit professionnelle ou privée. Cette situation contribue ainsi à créer l’écart considérable entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes.

En tant que mère, j’invite les autres mères à être très vigilante pour la protection de leur progéniture mais surtout des filles. Dans la plupart des cas, les abuseurs sont des proches de la famille.

« Ma voix, l’égalité pour notre avenir » est le thème de la journée  internationale de la fille, édition 2020. Tout comme l’UNICEF qui lance une campagne annuelle pour donner à des filles la possibilité de faire entendre leur voix et de se mobiliser pour leurs droits, nous invitons donc les filles à rompre le silence face aux multiples abus et maltraitances dont elles sont victimes.

Alors que les adolescentes du monde entier affirment leurs capacités à faire bouger les lignes, la Journée internationale de la fille 2020 doit aussi interpeller les décideurs à faire l’état des lieux mais aussi à définir des actions pour amener les filles à apprendre de nouvelles compétences pour aborder l’avenir qu’elles choisissent,  prendre la tête d’une génération d’activistes qui accélèrent le changement social pour se débarrasser des violences basée sur le genre.

Avec la situation actuelle de pandémie de la COVID-19 l’augmentation de la violence faite aux femmes dans le monde signalée devient très préoccupante et nos dirigeants doivent agir mais aussi les familles ainsi que les filles elles- mêmes.

A cet effet, investir dans la réalisation du potentiel des adolescentes permet de défendre leurs droits aujourd’hui et d’assurer un avenir plus équitable et plus prospère. Un avenir dans lequel elles auront la part égale à la moitié de l’humanité afin de résoudre les crises liées aux problèmes du changement climatique, des conflits politiques, de la croissance économique, de la prévention des maladies et de la viabilité mondiale.[1]

Tout comme d’autres acteurs, l’équipe d’ANLIYA  joint sa voix à celle de l’UNESCO  en cette affirmation : “En cette Journée internationale, nous célébrons et mettons à l’honneur ces millions de filles qui, tout autour du monde, brisent les barrières des inégalités, et réussissent à défaire les préjugés dans lesquels on voudrait trop souvent les enfermer.”  Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée de la Fille 2020.

Thérèse ADJAYI, Travailleur Social, Spécialiste Genre et Inclusion Sociale


[1]  Site Internet de l’ONU pour la journée internationale de la fille, 10 Octobre 2020

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